De quelle façon ?

Chaque foyer télécharge sur le site le « kit 1 », c’est-à-dire les documents relatifs à ce TD et le prépare avant la réunion du groupe.

 

Le PCS (Prêtre Conseiller Spirituel) ou le foyer qui a prévu d’assurer « l’accompagnement » de ce TD le prépare de la même façon, tout en demandant le « kit 2 » (conseils doctrinaux et pédagogiques), disponible au secrétariat de Domvs (secretariat@domuschristiani.fr) à compter d’octobre.

La « mise en commun » vient après et constitue seulement un approfondissement.

Deux TD sont disponibles :

TD 1 : Famille et espérance TD 2 : Famille et foi

 


 

 

1er TD : Famille et espérance

Le « kit 1 » contient :

 

Préparation en foyer

I – Formation générale

  1. À partir de l’acte d’espérance (à trouver dans un missel des fidèles ou dans un catéchisme) et de la conférence du Père Luc-Thomas Somme (voir en Annexe), élaborer une définition de la vertu théologale d’espérance.
  1. Citez des passages de la Sainte Écriture parlant de l’espérance en Dieu. Lesquels vous touchent le plus et pourquoi ?
  1. Pensez-vous que la mentalité contemporaine dispose bien à l’espérance ? Quels risques courent nos contemporains sur ce point ?

 

II – Vie conjugale et familiale

  1. De quelle façon peut-on pécher contre l’espérance, comme époux ou comme parents ? Donnez des exemples.
  1. Peut-on tout demander dans la prière ? Seul ? À deux ? En famille ?
  1. Peut-on et doit-on espérer le Ciel pour son conjoint, pour son enfant ? N’est-ce pas forcer leur liberté ?
  1. Pourquoi l’espérance est-elle souvent liée aux épreuves que nous vivons en famille (deuil, chômage, accident, etc.) ? N’est-ce pas paradoxal ?
  1. Comment aider un conjoint ou un enfant désespéré ?
  1. Devons-nous aborder le sujet de la mort avec nos enfants ? De quelle façon ?
  1. Donnez des idées concrètes pour affermir familialement l’espérance surnaturelle.

Annexes

 

1- Prédication du P. Somme

Père Luc-Thomas Somme, o. p., Prédication de Carême 2002 à Notre-Dame-des-Armées, Versailles

(texte publié avec l’aimable autorisation de l’auteur. Les titres sont ajoutés par Domvs Christiani)

 

La vertu d’espérance

Une ombre diabolique refroidit notre terre : l’affreuse tentation de désespérer. Notre monde désenchanté prend acte des millions de morts que les utopies politiques ont provoqués en un siècle, alors que le progrès des sciences semblait pourtant permettre tous les enthousiasmes. Guerres, famines, épidémies et précarités sociales viennent sans cesse démentir la folle illusion d’une absolue sécurité. Des pays et des continents vivent dans l’insouciance du mauvais riche, tandis que des Lazare meurent affamés des miettes que d’insouciantes omissions ne leur auront pas procurées. Et le bien-être semble sécréter la dépendance envers les paradis artificiels, sa vacuité de sens se manifestant tragiquement par la croissance du taux de suicide dans nos sociétés aisées, et tout particulièrement dans les populations jeunes. Ce noir tableau n’est pas faux. On pourrait le décrire longtemps encore à la manière des nouvelles, toujours assez mauvaises, des journaux télévisés.

Au plan individuel aussi, l’épreuve de la maladie, de la vieillesse et de l’inéluctable rendez-vous avec la mort nous rappelle la fragilité de nos entreprises. Insensé, nous dit Jésus, celui qui amasse présomptueusement, sans vivre dans la vigilance à l’égard du moment – cette nuit même – où il sera dépossédé de son bien. À quoi bon s’agiter ? Naître pour mourir ? L’Ecclésiaste pose déjà un regard désabusé sur cette existence et Job surtout en vient à regretter le jour de sa naissance.

Oh, certes, il y a ce bien précieux, cette incomparable consolation que procure la foi. Elle oriente notre cœur vers notre patrie définitive, vers la Jérusalem céleste, vers cette vision de Dieu qui comblera le plus ardent désir de notre cœur. Mais nous n’avons pas encore atteint ce port et notre prière se fait parfois aride et nous engage sur des chemins éprouvants de silence et d’obscurité. L’acédie parasite les meilleures vies chrétiennes et donne le dégoût de ce qui nous exaltait naguère. Il arrive que le chrétien, tout chrétien qu’il soit, et parce que chrétien justement, en vienne à crier intérieurement, comme le Christ en croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». La petite Thérèse, la plus grande sainte des temps modernes, éprouva la tentation de penser que la vie d’ici-bas déboucherait sur le néant. Espérer n’est pas chose aisée et, si ce nous semble tel aujourd’hui, pouvons-nous le présumer de demain ? Nul pécheur n’est si endurci que la grâce ne puisse le convertir en saint, mais nul fidèle n’est assuré non plus de sa persévérance finale : il lui faut la mendier dans la prière.

 

La nature de l’espérance chrétienne

Antidote invincible contre tout découragement, la vertu théologale d’espérance ancre notre vie spirituelle en la force du Dieu Sauveur. Elle réalise ce que l’épître aux Romains dit d’Abraham : « espérant contre toute espérance ». Ni présomptueuse ni désabusée, elle sait, contre le pélagianisme, que le salut est impossible sans la grâce, et contre le jansénisme, qu’il est objet de légitime confiance de la part de celui qui vit et reste en état de grâce. Saint Thomas d’Aquin explique que ce que l’on espère est un bien futur, difficile, mais possible. S’il nous apparaissait impossible, nous en viendrions à désespérer. S’il n’était pas difficile, notre tendance vers lui serait simplement le désir. S’il était déjà présent, nous en jouirions plutôt que de nous porter vers lui. Or, parmi tous les biens possibles, quel est celui que nous pouvons vouloir au plus haut point, celui qui rassasie en plénitude notre faim, la meilleure part qui ne nous sera jamais enlevée ? Quel est le souverain bien, le terme ultime de notre désir le plus profond ? Dieu, voilà l’objet dernier de notre espérance.

Vertu théologale, elle a Dieu pour origine, pour motif et pour objet. Elle va à Dieu, elle vient de Dieu, elle s’appuie sur Dieu. C’est pourquoi, nous dit l’épître aux Romains, « l’espérance ne déçoit point, parce que l’amour de Dieu a été répandu en nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous fut donné » (Rm 5, 5). Voilà pourquoi ce don de l’Esprit, arrhes de l’héritage céleste que le Père communique à ceux qu’il adopte comme ses enfants, motive notre espérance : « Cet Esprit, il l’a répandu sur nous à profusion, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, justifiés par la grâce du Christ, nous obtenions en espérance l’héritage de la vie éternelle » (Tt 3, 6). Si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ? Si le Royaume des cieux est commencé au-dedans de nous, comment douterions-nous de la puissance de Dieu en nous ? Rien n’est impossible à Dieu. La mer Rouge s’est ouverte pour sauver le peuple des Hébreux et engloutir les Égyptiens à leur poursuite ; Abraham a obtenu une postérité dans son extrême vieillesse ; une vierge a enfanté un Sauveur ; Dieu s’est fait homme ; Jésus a guéri les malades, ramené son ami à la vie, pardonné les péchés… Rien n’est impossible à Dieu ! Le motif de notre espérance, c’est que Dieu est Dieu, Amour tout-puissant. Plus nous nous remémorons les merveilles du Seigneur, plus nous sommes portés à espérer, car ce qu’il a déjà fait pour nous nous montre ce qu’il est prêt à faire. « Gardons indéfectible la confession de l’espérance, car celui qui a promis est fidèle », comme l’écrit l’auteur de la Lettre aux Hébreux (He 10, 23). La liturgie, où nous célébrons ensemble le don de Dieu, est ainsi une source majeure de notre espérance. La vigile pascale en est le type le plus achevé : toute la tendresse que Dieu a montré envers le peuple qu’il a choisi, toute la puissance de salut qu’il a mise en œuvre, nul doute qu’il ne veuille déployer des effets similaires dans chacune de nos existences, plongées au jour de notre baptême et pour toujours dans le mystère pascal. Oui, s’il est présomptueux de vouloir se passer de la grâce, il ne l’est pas de se confier en elle. Notre espérance est assurée dès lors qu’elle est vraiment théologale, qu’elle porte, non seulement sur Dieu comme la béatitude que nous attendons, mais aussi sur lui comme le secours indispensable pour parvenir à l’achèvement de notre vocation d’enfant de Dieu. « Nous pouvons donc espérer la gloire du ciel promise par Dieu à ceux qui l’aiment (cf. Rm 8, 28-30) et font sa volonté (cf. Mt 7, 21). En toute circonstance, chacun doit espérer, avec la grâce de Dieu, “persévérer jusqu’à la fin” (cf. Mt 10, 22 ; cf. Cc. Trente : DS 1541 ) et obtenir la joie du ciel, comme l’éternelle récompense de Dieu pour les bonnes œuvres accomplies avec la grâce du Christ » (CEC 1821).

 

Pas d’espérance sans la foi

Par-dessus tout, la foi en la résurrection du Christ est la pierre angulaire de notre espérance en la vie éternelle. Le Christ est le premier-né d’entre les morts, le précurseur de tous ceux qui en lui et avec lui vivront pour toujours avec Dieu. Saint Paul écrit aux Thessaloniciens : « Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez ignorants au sujet des morts ; il ne faut pas que vous vous désoliez comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. Puisque nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, de même, ceux qui se sont endormis en Jésus, Dieu les emmènera avec lui » (1 Th 4, 13-14) ; et aux Corinthiens : « S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Mais, si le Christ n’est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi votre foi. Il se trouve même que nous sommes des faux témoins de Dieu, puisque nous avons attesté contre Dieu qu’il a ressuscité le Christ, alors qu’il ne l’a pas ressuscité, s’il est vrai que les morts ne ressuscitent pas. Car, si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et, si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est votre foi ; vous êtes encore dans vos péchés. Alors aussi ceux qui se sont endormis dans le Christ ont péri. Si c’est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ; le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis » (1 Co 15, 14-20). À la sœur éplorée de son ami Lazare, qui vient de mourir, Jésus déclare : « Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ? » (Jn 11, 25). Notre espérance ne sera vraiment chrétienne que si nous osons répondre affirmativement à cette question, que l’écriture nous a transmise. L’évangile soutient notre espérance. Celui qui se nourrit quotidiennement de la Parole de Dieu ne peut pas errer sans but. Saint Paul parle aux Colossiens de « l’espérance promise par l’évangile que vous avez entendu » (Col 1, 23), et encore : « Cette espérance, vous en avez naguère entendu l’annonce dans la Parole de vérité, l’évangile » (Col 1, 5). Et l’épître aux Romains : « Tout ce qui a été écrit dans le passé le fut pour notre instruction, afin que la constance et la consolation que donnent les Écritures nous procurent l’espérance » (Rm 15, 4). Mais « le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous » ; la Parole divine est plus que le texte écrit transmis par les quatre évangélistes. Elle est la personne même de Jésus, mort sur la croix par amour pour nous. Ce que cette Parole nous dit, c’est qu’au moment même où tout paraît fini, où la pierre obstrue le tombeau, l’aube de la résurrection commence à poindre et que l’espérance avait raison de tenir bon, dans la constance. C’est cette même espérance qui fera courir les apôtres vers le tombeau désormais vide : ils se demandent encore s’il faut prendre au sérieux les témoignages des femmes ; ils n’osent pas encore y croire ; ils n’ont pas encore constaté, mais déjà ils se prennent à désirer que ce soit vrai ; ils l’espèrent.

 

Comment désirer Dieu ?

Comme la foi et la charité, l’espérance est à la fois vertu, et donc à la fois nôtre et intérieure, et théologale, et partant divine et gratuitement reçue. Elle s’accompagne de plusieurs autres dispositions d’âme sans lesquelles elle ne saurait se maintenir et s’épanouir et qui, elles aussi, sont autant de dons de Dieu.

Tout d’abord, l’espérance suppose un vrai désir de Dieu. Au demeurant, l’espérance chrétienne accomplit toute la longue attente, l’impatient désir du peuple de l’ancienne alliance par rapport au salut. Les psaumes et les prophètes ne cessent, sous des images variées, de nous présenter Dieu et la vision de sa face comme le terme ultime du désir du croyant. Car, plus que ceci ou cela, ce que nous espérons n’est autre que Dieu lui-même. Il est présent en nous, nous lui sommes unis et pourtant il ne cesse de nous manquer tant que nous ne le voyons pas et tant que nous pouvons craindre de nous séparer de lui. Oui, tant que nous vivons dans ce temps d’ici-bas, le reniement reste à notre portée et le don de crainte filiale nous fait redouter d’offenser ce Père très aimant qui nous a adoptés comme ses enfants. Le vrai désir de plaire à Dieu va donc avec la crainte de lui déplaire ; l’un et l’autre s’emploient à rechercher et à accomplir sa volonté. C’est pourquoi l’espérance « s’exprime et se nourrit dans la prière, tout particulièrement dans celle du Pater, résumé de tout ce que l’espérance nous fait désirer » (CEC 1820). Si désirer Dieu, c’est avoir faim et soif de lui, nul doute non plus que cela se concrétise au plus haut point dans le sacrement du corps et du sang du Christ ; l’eucharistie est le lieu de notre divinisation et nous y recevons les arrhes de notre héritage d’enfants de Dieu, les prémices de la vie éternelle. Bien des chrétiens éprouvés vivent cela très fortement : la participation au saint sacrifice de la messe et une digne communion leur procurent force et consolation, qu’il s’agisse du cours ordinaire de la vie ou de ses derniers moments lors de l’administration du viatique. Quelle tristesse que l’habitude mondaine de ne pas appeler le prêtre au chevet d’un mourant pour ne pas effrayer celui-ci, alors que rien n’importe plus en ces derniers moments que la consolation et l’espérance que le ministère ordonné peut offrir, par la confession, l’onction des malades et l’eucharistie. N’hésitons pas à exprimer à ce sujet nos claires volontés à nos proches, témoignons de notre faim, de notre soif de Dieu, « aujourd’hui et à l’heure de notre mort », afin de n’être pas privés des voies ecclésiales, sacramentelles, de notre espérance chrétienne.

 

Enracinées dans l’amour, l’humilité et la confiance

Si l’espérance s’adosse au désir de Dieu, il est clair par ailleurs que celui-ci s’enracine dans l’amour. N’est espéré qu’un bien aimé qui nous manque. En l’occurrence : pas n’importe quel bien aimé : le Bien-Aimé, ce Seigneur qui ne nous appelle plus serviteurs mais amis, parce qu’il fait de nous les confidents de son Cœur, parce qu’il nous donne part à son amour divin. Cela ne signifie pas que, comme dans le cas de la foi, rien ne subsisterait de l’espérance au cas où le péché viendrait à expulser l’amour et la présence de Dieu en notre cœur. Mais, assurément, cette espérance qui ne serait plus vivifiée par l’amour serait anémiée et comme dénaturée si la grâce de Dieu et la présence du Saint-Esprit ne revenaient à demeure en nous. La plante déterrée, la fleur coupée peuvent bien subsister quelque temps, mais sèchent et meurent vite hors de leur milieu vital et nourricier. L’espérance plonge ses racines dans la charité ; déracinée de l’amour, elle fane.

Une autre condition de l’espérance est l’humilité. Si l’une des tentations contre cette vertu est le découragement, une autre, contraire, est la présomption, qui nous fait ignorer la difficulté. En matière de salut, cela se manifeste par la funeste illusion que les mises en garde de Jésus contre la perte éternelle ne seraient qu’hyperboles orientales ou rhétorique archaïque. Derrière la thèse si séduisante, si sympathique et si courante, selon laquelle « nous irons tous au paradis », se cache une erreur extrêmement pernicieuse, un détournement de l’évangile, une évacuation de l’espérance, une négation de la liberté. Inutile de spéculer sur le nombre de ceux qui seront sauvés : la révélation ne veut rien en dire, sinon un appel à la vigilance et à l’espérance, mais gardons-nous de l’orgueil de penser que le salut nous serait dû. Qu’avons-nous que nous n’ayons reçu de Dieu ? Seul l’humble sait cela.

L’espérance s’appuie encore sur la foi. Nul ne peut espérer Dieu sans croire en lui. Mais la foi implique aussi la confiance et celle-ci est en effet indispensable à l’espérance. Car, si nous sommes néant à l’égard de l’infini, il est déraisonnable d’espérer Dieu d’un autre que Dieu. Là encore, la prière est le meilleur indicateur de notre confiance en Dieu. Demander sans se lasser, frapper sans douter, crier sans se décourager : l’espérance nous soutient dans la confiance et nous procure la constance, la patience, la persévérance.

 

Être témoins de l’espérance

Si chaque chrétien vit selon toutes ces dispositions, alors l’ensemble de l’Église du Seigneur sera dans le monde une « communauté d’espérance ». Il est frappant, alors même que les chrétiens sont de plus en plus victimes de la dérision, que la voix de la papauté soit pourtant universellement reconnue comme porteuse d’espoir pour la paix, pour le respect et la promotion de la vie et de la dignité humaines. On ne saurait non plus passer sous silence la lutte courageuse de tant de chrétiens, individuellement ou collectivement, contre les tentations de suicide, contre la dépendance à la toxicomanie, contre la marginalisation sociale, contre l’avortement, contre les épidémies mortelles, et cela avec la compassion même de Jésus envers ceux qu’il est venu appeler à la vraie liberté. Quelques articles de rares revues relatent discrètement cette réalité lumineuse du christianisme, mais savons-nous suffisamment être fiers et joyeux de toute cette œuvre de Dieu en son Église ?

Il arrive, plus souvent qu’on ne croit, que cette question soit posée à des chrétiens : « Mais pourquoi faites-vous cela pour moi ? ». Une bienveillance gratuite étonne et peut être l’occasion d’annoncer celui qui est la source, le moteur et la fin de notre vie : Notre-Seigneur Jésus-Christ. La première épître de saint Pierre nous y exhorte : « Sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Christ, toujours prêts à la défense contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous » (1 P 3, 15). Oui, notre espérance ne peut pas rester simplement trésor caché, recette secrète, à la manière de ces écoles de bien-être qui fleurissent aujourd’hui et ponctionnent les portefeuilles des anxieux de réussite sociale. Notre espérance est vouée au rayonnement ; elle doit se faire altruiste ou, mieux, charitable. Elle s’enracine dans l’amour, mais elle doit aussi y mener. Nous ne pouvons pas donner à autrui l’espérance théologale, pas plus que la foi ou la charité, mais nous pouvons réconforter, encourager, stimuler, ne serait-ce que par l’exemple. Combien les premières générations chrétiennes ont été marquées par le courage des martyrs ! Aujourd’hui encore certains de nos frères, forts de leur espérance dans la vie éternelle et emplis de l’amour de Dieu, offrent leur vie en signe de leur fidélité à leur Seigneur. Ils sont l’honneur de l’Église, la muette éloquence par laquelle celle-ci prononce le nom béni de Jésus, notre Sauveur, crucifié par amour et ressuscité par la puissance de Dieu. L’espérance, pour personnelle qu’elle soit, ne doit pas manquer d’être saintement contagieuse. Il faut savoir espérer pour autrui.

Il faut savoir encore espérer en autrui. Parce que le chrétien sait que son frère est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, qu’il est appelé à devenir enfant de Dieu, il nourrit à son égard une estime qui va bien plus loin que d’honorer seulement quelques dons naturels. Parce que ce même chrétien se sait pécheur et qu’il ne cesse de se remémorer comme strictement vraie la parole de Jésus – « Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5) – il se garde de mépriser quiconque avec arrogance et sait que le plus grand pécheur aujourd’hui sera peut-être le plus grand saint demain. Une jeune religieuse vivant parmi les pauvres dans la mendicité me disait récemment la joie qu’il y avait pour elle de recevoir d’un pauvre. On peut acheter une bonne conscience en donnant au pauvre et, ce faisant, on peut aussi le maintenir dans l’humiliation, alors que recevoir le peu qu’il est fier de partager restaure en lui l’estime de soi. Espérer Dieu de Dieu, c’est aussi espérer Dieu en son image. En cette fin de carême, alors que nous croyons que les ténèbres du sépulcre laisseront place à l’aube de Pâques, courons mendier l’espérance, souhaitons-nous l’espérance, à l’instar de saint Paul aux Romains : « Que le Dieu de l’espérance vous donne en plénitude dans votre acte de foi la joie et la paix afin que l’espérance surabonde en vous par la vertu de l’Esprit Saint » (Rm 15, 13).

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2- Extraits de La foi en famille, de Christine Ponsard, EDB, 2001.

Chacun des trois extraits évoque tel ou tel point de l’espérance et de la confiance en famille.

Premier extrait : pp. 19-21 Famille chrétienne : famille de baptisés

« Une famille chrétienne est en route vers Dieu. Peu importe le point de départ, nous sommes sûrs d’arriver au but… à condition de nous mettre en route, de ne pas rester à terre après une chute, d’accepter de reconnaître que nous nous sommes trompés de chemin. « Il faut une conversion continuelle, permanente, qui, tout en exigeant de se détacher intérieurement de tout mal et d’adhérer au bien dans sa plénitude, se traduit concrètement en une démarche conduisant toujours plus loin […] La famille a mission de devenir toujours davantage ce qu’elle est, c’est-à-dire communauté de vie et d’amour »[1]. Ce qui nous permettra d’arriver au but, c’est la confiance inlassable avec laquelle nous mettons notre main dans celle de Jésus, en refusant l’autosatisfaction comme le découragement. »

[…]

« Les familles chrétiennes sont appelées à mettre toute leur confiance en Dieu : cela ne veut pas dire attendre en se croisant les bras que Dieu fasse le travail à leur place ! Vivre en chrétien, c’est prier, mais c’est aussi agir au cœur du monde. « En manquant à ses obligations terrestres, le chrétien manque à ses obligations envers le prochain, bien plus, envers Dieu lui-même, et il met en danger son salut éternel »[2]. La foi ne nous dispense absolument pas d’acquérir des compétences pour agir efficacement, de retrousser nos manches pour travailler sur cette terre et de nous engager dans la vie politique, l’action syndicale, la recherche scientifique, etc. »

 

Deuxième extrait : pp. 262-264  Aux parents découragés

« Dieu désire par-dessus tout nous combler de ses dons : savons-nous les lui demander ? Savons-nous lui réclamer inlassablement ce qu’il nous faut pour éduquer nos enfants, chaque jour ? « Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira » (Mt 7, 7). Mais pourquoi demander, vous dites-vous peut-être ? Après tout, Dieu ne sait-il pas ce dont nous avons besoin ? » […]

« Quand nous sommes découragés, quand nous ne savons plus par quel bout prendre un enfant qui nous déconcerte, quand nous avons l’impressions d’être incapables d’assumer nos responsabilités, la première chose à faire – et à refaire, inlassablement – avant de chercher des solutions et des réponses à nos questions, c’est de tout remettre au Seigneur avec confiance. Tout : nos doutes, nos douloureuses interrogations, nos révoltes, nos remords, nos insomnies, nos larmes et nos fragiles espoirs. Confions-lui surtout ces enfants qui sont d’abord les siens. Il les aime encore plus que nous ne les aimons. Il sait ce qui est le meilleur pour eux. Il est toujours prêt à pardonner, et de tout mal, il sait tirer un bien. »

 

Troisième extrait : pp. 266-267 Avec sainte Monique

« L’espérance ne supprime pas la souffrance. « Le fils de tant de larmes ne saurait être perdu », disait saint Ambroise pour encourager Monique. Les larmes de cette mère douloureuse ont dû couler plus d’une fois : cette souffrance la rend proche de tous les parents dont le cœur est broyé par le départ de l’enfant prodigue, qu’il s’agisse d’une rupture effective ou d’un éloignement moins spectaculaire, mais tout aussi profond. »« Dieu veut le meilleur pour chacun de nos enfants : si sainte Monique n’avait pas été persuadée de cela, si elle n’avait pas su, dans la foi, que son amour maternel n’était que le reflet de l’amour de Dieu pour Augustin, comment aurait-elle pu garder l’espérance pendant tant d’années ? Car elle a attendu pendant plus de vingt ans la conversion de son fils. Combien de mères auraient baissé les bras ou se seraient épuisées en remords stériles ! Elle a gardé l’espérance, en appuyant son désir sur le désir de Dieu.»

[…]

« Monique ne pouvait rien avec ses propres forces mais, en Dieu, elle pouvait tout : seule la prière était toujours en son pouvoir. Alors elle a prié. Pas une fois, pas le temps d’une neuvaine ou d’une année : pendant plus de vingt ans, sans résultat apparent. Jusqu’au jour om Augustin s’est ouvert à la grâce. « Le fils de tant de larmes » est devenu le fils de la joie. Osons demander cette joie-là : Dieu la désire plus que nous encore. »

— –

 

[1] Saint Jean-Paul II, Exhortation apostolique Familiaris consortio, § 9.

[2] Id., 43, § 1.


2ème TD : Famille et foi

Le « kit 1 » contient toujours :

  • un questionnaire qui oriente librement ce TD,
  • la prédication de Carême du Père Maximilien-Marie, Chanoine régulier de la Mère de Dieu (Abbaye de Lagrasse), à Notre-Dame-des-Armées, Versailles,
  • des extraits de la Foi en famille de Christine Ponsard.
Téléchargez le kit 1 (pdf)

 

 

I – Formation générale

1. À partir des textes donnés en Annexe et ceux qui suivent (issus de la version officielle du Compendium du Catéchisme de l’Église catholique – Benoît XVI, 2005), donnez les éléments essentiels de la vertu théologale de foi.

Acte de foi :
« Mon Dieu, je crois fermement
toutes les vérités que vous m’avez révélées
et que vous nous enseignez par votre sainte Église,
parce que vous ne pouvez ni vous tromper, ni nous tromper.
Dans cette foi, puis-je vivre et mourir. Amen ».

Définition de la foi :
« Croire est un acte de l’intelligence,
adhérant à la vérité divine,
sous le commandement de la volonté,
mue par Dieu, au moyen de la grâce ».

Pourquoi parle-t-on de « l’obéissance de la foi » (Rm 15, 18) ?

2. Citez des passages de la Sainte Écriture parlant de la foi en Dieu. Lesquels vous touchent le plus et pourquoi ?

3. Citez des modèles pour votre vie de foi. Quelles sont les raisons de vos choix ?

4. Pensez-vous que la mentalité contemporaine dispose bien à la foi ? Sinon, pourquoi ?

 

II – Vie conjugale et familiale

5. Est-ce que la foi peut grandir ? Si oui, de quelle façon la Règle de vie Domvs peut-elle en favoriser l’accroissement ?

6. En quel sens peut-on « perdre la foi » ? Quels sont les péchés contre la foi (spécialement pour des époux et des parents) ?

7. Comment réagir aux doutes contre la foi de nos proches (conjoint, enfants, amis) ?

8. Quelle doit être la place de la foi dans la vie conjugale ? Donnez des exemples dans le quotidien, les conversations, les décisions, etc.

9. Quelle doit être la place de la foi dans l’éducation ? Y-a-t-il des excès ou des défauts dans ce domaine ? Surveiller ce qu’apprennent nos enfants (études, lectures, détentes…) : est-ce de l’intrusion ?

10. Donnez des idées concrètes pour approfondir familialement la foi surnaturelle. Comment l’œuvre de Domvs christiani peut-elle nous aider ?

 

III – Annexe

Père Maximilien-Marie, Chanoine régulier de la Mère de Dieu (Abbaye de Lagrasse), Prédication de Carême 2002 à Notre-Dame-des-Armées, Versailles
(texte publié avec l’aimable autorisation de l’auteur. Le style oral a été conservé)

La foi

« Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ». Ils avaient découvert le Sauveur attendu. Avec lui se réalisaient manifestement les prophéties de l’alliance antique. Tout coïncidait aux yeux des apôtres. Tout : la noblesse du rang, la terre de Bethléem choisie pour la naissance, le nom d’Emmanuel, les miracles éblouissants qu’il semait à travers la Palestine. Tout coïncidait. Oui, en lui, les disciples avaient trouvé assurément un guide justifiant leur départ à sa suite, un être capable de donner un sens nouveau à leur vie, un père prêt à sa sacrifier pour eux.
Et pourtant, mes frères, ces témoins privilégiés ont entendu de la bouche du Seigneur, ont reçu de sa bouche ces reproches, tendres, mais reproches quand même : « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? », leur dit-il au milieu de la mer démontée. Et, à Pierre, sorti des eaux par ses mains secourables : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et, à Thomas, l’apôtre, se laissant toucher le côté percé, il commande : « Ne sois pas incrédule, mais croyant ».
Comment, mes frères, de tels témoins ont-ils pu douter, faillir, trahir même, eux qui côtoyèrent le Verbe de Vie, le faiseur de miracles, celui qui multipliait les pains – comme nous le rapportait l’évangile de ce matin –, celui qui marchait sur les eaux, faisait marcher les morts ? Comment est-ce possible, comment ces privilégiés ont-ils pu faire cette prière instante : « Seigneur, ô Seigneur, augmentez notre foi » ?

Oui, mes frères, méditer sur la foi, c’est méditer sur une vertu bien vivante, susceptible de croître et de faiblir, de s’affermir ou de disparaître.
La foi n’est en rien statique. Nous avons une conception très pauvre de la foi, de la vertu de foi. « J’ai la foi » ou : « Je n’ai pas la foi ». C’est tout. C’est « limité » comme théologie !
Méditer sur la foi, c’est la redécouvrir, car finalement cette vertu si familière à nos yeux, nous pourrions la côtoyer à la manière d’un gardien de musée, qui traverse les galeries et regarde d’une façon nonchalante, avec une indifférence souveraine, les chefs-d’œuvre qui sont à ses côtés.
On peut se comporter à l’égard de la foi comme on porte une montre, sans révérence ni attention. Elle fait son travail, elle fait son œuvre. C’est bien. Elle est faite pour cela. Mais, si d’aventure les aiguilles de la montre cessent de me donner l’heure, alors cette montre jusqu’ici fidèle et silencieuse me tire de ma torpeur et se rappelle doucement à mon bon souvenir. La foi est ainsi. « Seigneur, augmentez notre foi ! »

L’exemple éloquent des apôtres nous rassure, nous enseigne que la foi est une vertu délicate, fragile chez certains, affermie chez d’autres, objet d’un véritable désir chez tous. Méditer sur notre foi, vertu infuse reçue au baptême et – Dieu le veut, Dieu le peut – maintenue intacte jusqu’à ce jour, c’est vouloir restaurer en nous une amitié peut-être oubliée, c’est renouveler le temps des premières rencontres avec cette foi, le temps des fiançailles, le temps des épousailles où Dieu nous faisait goûter combien il est doux et précieux de croire. Pour les uns, c’était à la première communion, pour les autres lors d’une retraite, pour d’autres encore à l’occasion d’un salut du Saint Sacrement, d’une lecture, d’une rencontre. « Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous et nous y avons cru », chante l’apôtre Jean.
Goûtons de nouveau, mes frères, à l’enthousiasme de la foi première, retrouvons cette vertu fondamentale, peut-être par nous un peu négligée, car trop familière. En vérité, l’avons-nous bien nourrie, notre foi ? L’avons-nous bien protégée contre les ennemis plus ou moins camouflés, s’exprimant sans vergogne dans les discours contemporains, discours d’athéisme, d’indifférentisme ou de syncrétisme ? L’avons-nous gardée comme un trésor, comme un bien absolument précieux ? Faisons-nous, à son propos, paisiblement, notre examen de conscience ? « Père, j’ai péché contre la foi ».
Confessons-nous au tribunal de la miséricorde des fautes à son encontre, notre lenteur à croire, nos imprudences dans les lectures, notre souci de chercher sans cesse des signes tangibles avant que d’adhérer à la parole du Maître ? « Ne sois plus incrédule, mais croyant. Heureux ceux qui croient sans avoir vu », nous dit Jésus en s’adressant à Thomas.

Un jour, saint Louis vit accourir en son palais un messager lui apprenant que l’Enfant-Dieu venait d’apparaître dans une église durant le saint sacrifice. Il ne se déplaça pas, ce roi très saint, ce roi très croyant. Il ne se déplaça pas et répondit : « Dieu aussi ce matin était sur l’autel de la messe. L’eucharistie m’a fait voir Dieu et, par elle, je l’ai reçu ». Pourquoi courir au miracle ? Pourquoi chercher les signes ?
La foi est un trésor précieux accordé par le Seigneur pour nous unir à lui, accordé comme un don, trésor à protéger, trésor à affermir. D’aucuns nous disent : « Mon père, j’ai la foi du charbonnier, cela me suffit ». Mais, mes frères, mais, mon bon ami, mais, monsieur le charbonnier – soi-disant charbonnier, alors qu’il est peut-être ingénieur de l’X –, la foi du charbonnier est bonne pour le charbonnier, elle n’est pas bonne pour vous !
Cette « foi du charbonnier », c’est une tragédie, mes frères. Je crois que beaucoup d’âmes, des dizaines, des milliers d’âmes se sont persuadées de la légitimité d’une telle foi, rapetissée, rabougrie.
Ne nous contentons pas de la foi du charbonnier. Si nous savons ce qu’est la foi, si nous avions les lumières spirituelles pour la voir telle qu’elle est, nous pleurerions d’amour et nous pleurerions de ne pas avoir su l’aimer et la faire grandir.

 

Les merveilles de la foi

Qu’est-ce que la foi ? La foi est un don de Dieu, disions-nous, et le père Garrigou-Lagrange, ce grand théologien dominicain, disait « qu’elle est comme un sens spirituel, comme un sens musical supérieur qui nous permet d’entendre l’harmonie des mystères révélés, l’harmonie de la voix de Dieu ». Oh ! émerveillons-nous de jouir d’un tel bienfait. Remercions Dieu d’être tous unis à lui par le même sens spirituel, la même vertu qui nous fait nous comprendre, nous entendre et correspondre avec harmonie.
Nous prêchons, je prêche : « Prêcher, disait monseigneur Ghika – celui qui a reçu ce compliment de Jean Daujat d’être « l’apôtre du XXe siècle » –, c’est prier en public ». Et il ajoutait : « Quand je prêche, je parle à Dieu en vous et je l’entends en vous après avoir essayé de l’entendre en moi ».
Oui, un sermon, une prédication est toujours une prière à Dieu. Ne cherchons pas un cours de théologie ou un exposé dogmatique. Non. Une prédication, a fortiori un sermon de carême, est une prière commune à Dieu, où les uns et les autres, ceux qui écoutent et celui qui a la redoutable charge de parler, offrent au Père les mêmes mots, présentent au Père les mêmes élans du cœur, les mêmes élans de l’âme par la foi.
Oui, par la foi. Aujourd’hui, en cet instant, en ce 4ème dimanche de carême, nous prions à l’unisson, nous suivons tous la même partition. Tel est le bienfait d’un sermon de carême s’il est vécu à ce niveau-là. Sinon, entre nous, il n’est rien. Il n’est que vent, il n’est que temps perdu pour vous et pour moi. Mais le temps perdu pour vous et pour moi est toujours du temps volé, volé à Dieu. Malheur à nous si nous volons le temps de Dieu !

« Par la foi, nous dit l’apôtre saint Paul, nous avons reçu, non pas l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce ». L’Esprit de Dieu, pas moins que cela, voilà l’héritage de la foi ! Cet Esprit donne à la vertu de foi sa place privilégiée dans l’édifice spirituel.
Elle en est la « porte » ouvrant sur l’immensité lumineuse et obscure – c’est le paradoxe de la foi – des mystères de Dieu. « Il n’y a pas d’autres accès près de Dieu que la médiation de la foi », dit saint Grégoire de Nysse. Toutes les autres vertus s’appuieront sur ce fondement : l’espérance, la charité, les vertus morales, la force, l’humilité. Toutes ces vertus n’auront leur place dans notre vie spirituelle que si elles ont été préparées, devancées, par la foi.

Saint Thomas d’Aquin peut alors affirmer de la foi qu’elle est la première des vertus. Oh ! certes, elle n’est pas la couronne des vertus comme l’est la charité. Elle est la première en tant qu’elle est le socle, en tant qu’elle est le fondement. Nous pouvons perdre l’espérance, nous pouvons perdre la charité sans perdre la foi. Mais qui perd la foi – et cela est difficile – perd d’un coup les autres vertus. La foi est une vertu simple, de la simplicité même de Dieu. Elle exige la générosité de l’enfant, l’audace de l’adolescent et la maturité de l’adulte. Tout se mêle, tout se lie, tout s’harmonise en elle.

Claudel disait : « Dans l’acte de foi, il y a toujours un moment où il faut fermer les yeux et se jeter à l’eau avec intrépidité et sans garantie apparente ». C’est un peu vrai : la foi est une rencontre avec les mystères obscurs, déroutants, déconcertants, du Seigneur. La croix, l’échec de la croix, la passion, la gloire du ciel qui nous est promise, la punition des méchants, tout cela est mystère. L’anéantissement de Jésus dans l’eucharistie, le prêtre qui a tant de mal à se connaître lui-même, tout cela est mystère, obscur et lumineux.
Ne cherchons pas à repousser les obscurités de la foi. Peut-être suscitent-elles en nous parfois des doutes, mais ces doutes siègent simplement dans la raison livrée à elle-même et non dans la foi. Malgré les doutes, la raison reste surélevée par la foi, car la foi est lumière de la raison. Elle est la vertu surnaturelle qui lui permet d’adhérer aux mystères de Dieu. Alors les doutes, petits, moyens ou grands, tout cela n’est que fruit naturel, et, a fortiori, non inquiétant. Fruit naturel d’une raison démunie, perplexe, un peu « bête », devant le mystère. Alors, si ces doutes surviennent, fuyons vite.
Voilà la bonne attitude prescrite par sainte Thérèse : fuyons au-dessus des doutes en prenant de l’altitude. « Sursum corda ». Prenons de l’altitude, le temps de rétablir en nous la sérénité accordée par la vérité. Oui, les doutes ont été expérimentés par les saints. Les plus grands saints ont connu les affres de l’angoisse du doute des années durant. Le doute n’est pas une invention de l’humanisme, un produit de Descartes. Non. Il est inscrit, malheureusement, dans la condition humaine depuis le péché de nos premiers parents.
Saint Grégoire le Grand remerciait Thomas, l’apôtre, d’avoir douté. Il disait que ce doute de Thomas lui était bien utile, plus utile même que la foi des autres apôtres. « Thomas a retranché en mon âme la blessure du doute ».

Il faut que le soleil se cache pour que nous puissions jouir des étoiles du firmament, pour contempler ces joyaux précieux des mystères de Dieu, des « mirabilia Dei ». Dom Marmion s’est plu à écrire : « Dieu a voulu laisser suffisamment d’obscurité pour que croire soit un acte de profonde confiance en lui ». Croire, c’est se confier, se fier au Seigneur, à l’Église, à sa Parole infaillible. « En vérité, si quelqu’un garde ma Parole, il ne verra jamais la mort ». Cette confiance ouvre sur la vie, elle donne accès à une obscurité, qui n’est, finalement, que l’effet d’un éblouissement. Saint Jean de la Croix disait : « Les hommes de foi ont des yeux de hiboux pour voir le soleil ». Voilà comment s’harmonisent l’obscurité et la lumière éblouissante accordées par la foi.
La foi nous ouvre sur la vie même de Dieu et la vie en Dieu. Alors, comme surabondamment, comme logiquement, elle est poussée à l’action, elle aspire à l’amour, à la bienveillance.
La foi n’est pas statique. Elle regarde autour d’elle comment mettre en œuvre ce qu’elle a reçu, ce qui s’inscrit dans son cœur. Quiconque a un instant dans sa vie joui un peu des secrets de Dieu par la foi ne peut plus se taire. Il proclame autour de lui la logique de l’amour divin. Il scrute dans le prochain les semences peut-être encore endormies, laissées par le Créateur et il s’abaisse pour laver les pieds des démunis. Il veut crier à tous les vents que le monde n’est pas absurde et qu’il a un sens.
« À quoi sert-il, mes frères, que quelqu’un dise : “ J’ai la foi ”, s’il n’a pas les œuvres, dit l’apôtre saint Jacques. Si la foi n’a pas les œuvres, elle est tout à fait morte ».
« Seigneur, augmentez notre foi ! »

Mes frères, faut-il être tiède pour avoir laissé s’installer en nous l’esprit du monde ! Car le véritable esprit chrétien est animé par une foi enthousiaste et sans compromission. Certes, la prudence est là pour ajuster nos actions et nos projets, pour conformer le possible au nécessaire. Mais l’homme de foi est prudent sans être timoré. Il est des heures, des lieux, où la foi doit agir sans arrière-pensée, sans recul, sans retrait. Le sang de nos martyrs en rend témoignage.
Écoutons la mère de Symphorien, le saint d’Autun. Elle s’adresse à son fils, il a 18 ans, il va mourir : « Debout, mon fils ! Le cœur en haut, le bourreau ne t’enlèvera pas la vie, il t’en donne une meilleure ».
« Ô Seigneur ! augmentez notre foi ! »

 

Les regards de la foi

C’est l’esprit de foi qu’il nous faut demander aujourd’hui, à cette heure. C’est cette lumière supérieure dont nous avons un besoin urgent, vital. Lumière sur Dieu, sur notre âme, sur le prochain, lumière sur les événements. Nous avons besoin de cette lumière pour ne pas errer, pour ne pas mourir.

Dieu, nous le défigurons si fréquemment ! Purifions nos regards, quittons nos schémas, nos a priori, nos préjugés sur ce qu’est Dieu. Dieu est au-delà de notre compréhension.
Certains défigurent sa miséricorde : « Nous irons tous au paradis ! » D’autres amplifient à l’excès sa justice et en font un Dieu père-fouettard, un Dieu redoutable, rendant impossible le salut. Folie !

Ces deux images de Dieu sont dramatiques. Il nous faut relire l’évangile, il nous faut redécouvrir les véritables traits de Dieu en Jésus : sa tendresse, sa patience, sa justice, sa miséricorde, sa colère même – toujours juste et miséricordieuse –, son cœur plein d’amour, son esprit de prière, sa Face meurtrie dans la passion, toujours belle. Voilà qui est Dieu. C’est Jésus qui nous le dit : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ».

Il nous faut aussi relire notre âme à la lumière de la foi. Nous nous connaissons si mal, finalement. Nos qualités, nos défauts, nos tendances nous habitent, nous désespèrent et nous aveuglent. Au confessionnal, nous avons tant de mal à dire ce que nous sommes : « Voilà, je suis orgueilleux, je suis jaloux, je suis gourmand ». Mais l’orgueil, la jalousie, la gourmandise, tout cela ne nous définit pas, ne définit pas l’âme.

Quittons ce personnage. Ayons l’esprit de foi pour nous connaître dans nos qualités – nous en avons – et dans nos défauts.
Un jour, une fille de sainte Thérèse d’Avila vient, éplorée, auprès de sa mère pour lui dire : « Ma pauvre âme ! » Sainte Thérèse aussitôt lui répond : « Oh ! Ne dites jamais cela, ma fille. Votre âme n’est pas “pauvre”, elle a été sauvée par le sang du Christ, elle a valu la croix ».

Cet esprit de foi doit se diffuser à l’extérieur : à l’égard de notre prochain, à travers nos jugements sur notre prochain, ce prochain qui nous exaspère par ses lenteurs, par ses précipitations, par ses incompréhensions, par ses conseils ou ses absences de conseil. Tout cela nous pèse. Et nous accumulons des fautes de charité par défaut d’esprit de foi. Nous n’avons pas vu ni compris qui était l’autre, créé par Dieu et aimé de Dieu. Alors nous le jugeons à travers notre propre égoïsme.

Si le prochain vient à nous flatter ou à nous féliciter, ou s’il vient à adhérer à nos opinions ou à apprécier notre humour, nous disons : « Voilà quelqu’un qui est bien, qui a un bon jugement ». Mais, si ce même prochain vient à émettre un petit doute sur nos talents – en cuisine ou en bricolage –, alors nous le condamnons, intérieurement, souvent, ou extérieurement, sans réserve : « Il n’a rien compris ! » Il faut, mes frères, percer l’enveloppe de chair de notre prochain. Et y voir, derrière, Dieu lui-même. Il faut y trouver Jésus-enfant, Jésus-pasteur, Jésus-prédicateur, Jésus silencieux ou douloureux, Jésus priant ou harassé.

Il faut renoncer à nos propres lumières pour laisser l’esprit de foi informer nos jugements sur Dieu, sur nous-mêmes, sur les autres. Saint Thérèse de l’Enfant-Jésus récapitule ce dessein merveilleux qui n’a qu’un seul but, celui de nous convertir.
« Jésus a daigné m’instruire de ce mystère. Il a mis devant mes yeux le livre de la nature et j’ai compris que toutes les fleurs qu’il a créées sont belles, que l’éclat de la rose ou la blancheur du lys n’enlèvent pas le parfum de la petite violette, n’ôtent rien à la simplicité ravissante de la pâquerette. J’ai compris que, si toutes les petites fleurs voulaient être des roses, la nature perdrait sa parure printanière, les champs ne seraient plus émaillés de fleurettes ».
Et elle ajoute : « Ces fleurs variées sont destinées à réjouir les regards du bon Dieu lorsqu’il les abaisse à ses pieds. La perfection consiste à faire sa volonté, à être ce qu’il veut que nous soyons ».

C’est notre dessein, c’est notre demande, c’est notre prière, mes frères, aujourd’hui, en esprit de foi.
Ainsi soit-il.

 

Extraits de Christine PONSARD, La foi en famille, EDB, 2001.

Texte 1 : pp. 19-21
Famille chrétienne : famille de baptisés
Une famille chrétienne est une famille de baptisés. Notre identité chrétienne ne vient pas de nos opinions ou de nos modes de vie, mais de Dieu qui se donne lui-même dans le sacrement de baptême. C’est Dieu qui fait de nous des chrétiens. Le baptême de chacun des membres de la famille n’est pas seulement un beau souvenir, plus ou moins lointain, ni une simple étape – un peu comme un rite initiatique. C’est plutôt comme le surgissement d’une source : la source de l’eau vive promise par Jésus, la source de l’amour de Dieu à laquelle nous pouvons puiser sans cesse. […]
Être chrétien, c’est d’abord avoir reçu ce cadeau extraordinaire qu’est le baptême, « le plus beau et le plus magnifique des dons de Dieu » . […]
Les familles chrétiennes sont appelées à mettre toute leur confiance en Dieu : cela ne veut pas dire attendre en se croisant les bras que Dieu fasse le travail à leur place ! Vivre en chrétien, c’est prier, mais c’est aussi agir au cœur du monde. « En manquant à ses obligations terrestres, le chrétien manque à ses obligations envers le prochain, bien plus, envers Dieu lui-même, et il met en danger son salut éternel » . La foi ne nous dispense absolument pas d’acquérir des compétences pour agir efficacement, de retrousser nos manches pour travailler sur cette terre et de nous engager dans la vie politique, l’action syndicale, la recherche scientifique, etc.
Les chrétiens ne vivent pas des choses différentes, mais ils les vivent différemment (ou, du moins, ils essayent de le faire !). La famille chrétienne par excellence, c’est la Sainte Famille. Or Marie, Joseph et Jésus ont vécu une existence apparemment très banale, au sein de leur village, comme n’importe quelle famille d’artisans. Ils ne faisaient rien d’extraordinaire, mais faisaient tout avec un amour extraordinaire : un amour qui n’était pas seulement humain, un amour surnaturel qui les reliait au Père en toutes choses.

 

Texte 2 : pp. 104-106
Combien de temps donner à Dieu ?
« Je me demande, s’interroge une lectrice, si le temps que je donne à mon mari n’est pas enlevé à Dieu, et vice-versa ». Plus largement : est-ce que je n’enlève pas à Dieu le temps que je consacre à mes enfants, à mon travail, à mes loisirs, etc. ? Et le temps que je consacre à la prière n’est-il pas enlevé aux autres ? Comment mesurer le temps que nous devons – ou que nous pouvons – consacrer à Dieu dans une journée, dans une semaine, dans une année ? […]
Qu’est-ce que donner tout son temps à Dieu ? Quand nous offrons un cadeau à quelqu’un, c’est pour qu’il en fasse ce qu’il veut : lorsque nous donnons notre temps à Dieu, c’est pour qu’il en fasse ce qu’il veut. Autrement dit, donner tout son temps à Dieu, c’est se rendre sans cesse disponible pour faire sa volonté, c’est choisir d’accomplir ce qu’il veut et non ce que nous voulons. En conséquence, le seul temps que nous enlevons à Dieu, c’est celui où nous refusons de faire sa volonté, celui où nous décidons de vivre sans lui, voire contre lui.
Certains moments sont comme directement donnés à Dieu : ceux que nous consacrons à la prière. La prière est, en apparence, du temps perdu : elle ne sert à rien, au sens strict du terme ; elle est improductive. La prière, c’est du temps « brûlé » pour Dieu et pour lui seul.
Pour cette raison, elle est essentielle : elle nous « remet dans l’axe », elle tourne notre regard vers les réalités invisibles, elle nous oriente vers Dieu. Si nous voulons donner tout notre temps à Dieu, commençons par lui consacrer totalement un vrai moment de prière quotidienne. […]
Dieu ne nous demande pas de consacrer tout notre temps à la prière. Sa volonté, c’est que nous aimions concrètement notre conjoint, nos enfants, nos proches, nos amis, nos frères les hommes, en leur consacrant du temps. Sa volonté, c’est que nous retroussions nos manches pour bâtir le Royaume par notre travail, nos engagements dans la vie de la cité. Sa volonté, c’est que nous prenions les moyens d’être en bonne santé par une saine alternance de labeur et de repos. À chacun de discerner, en fonction de sa vocation propre, la part qu’il doit consacrer à la prière, à la vie familiale, au travail, aux engagements extérieurs ou aux loisirs. Mais, redisons-le, dès lors que nous cherchons la volonté de Dieu, nous continuons à lui donner tout notre temps, en toutes circonstances. […]
« La vie de foi est essentiellement harmonieuse et ordonnée. Elle peut être remplie de mouvements et d’activités divers : elle est toujours une. Elle a Dieu pour principe et pour terme » .

 

Texte 3 : pp. 34-36
Les trois « P » du mariage
« À chaque fois que des fiancés viennent me voir, nous écrit un prêtre de nos lecteurs, je leur laisse ces trois “P” : Parler, Pardonner, Prier ». Un programme de vie conjugale qui tient en trois mots, comme les trois piliers de l’amour. Trois mots qui peuvent constituer autant de repères pour nous interroger et faire le point : où en sommes-nous de la communication entre époux ? Ne reste-t-il pas des pardons à donner ? La prière est-elle au cœur de notre vie ? […]
Pour se parler, il faut du temps. Il faut savoir « perdre du temps » à bavarder de choses et d’autres, prendre le temps d’être vraiment disponible à son conjoint. Les échanges les plus profonds viennent souvent de manière imprévue, au fil des mois, parce qu’on a pris le temps de s’apprivoiser par une écoute réelle.
Pardonner. On peut appliquer au mariage ce que Jean Vanier dit de la vie communautaire en général : « Si on entre dans une communauté sans savoir qu’on y entre pour apprendre à pardonner et à se faire pardonner soixante-dix fois sept fois, on sera vite déçu » . […]
Le pardon n’est pas un échec de l’amour, c’est même exactement le contraire : c’est le signe d’un amour vrai. En regardant un vieux couple se promener main dans la main, un prêtre s’émerveillait : « Un amour qui dure ainsi, ça représente des centaines et des centaines de pardons échangés ! »
Prier. Un couple d’une cinquantaine d’années reçut un jour ce conseil : « Tous les soirs, sans exception, dites un Notre Père et un Je vous salue Marie ensemble, main dans la main, pour offrir votre journée à Dieu, ainsi que la nuit pour un bon repos ». Un peu sceptique devant une demande aussi simple, le mari accepta néanmoins de prier ainsi avec son épouse. Et, quelques années plus tard, il témoignait : « Notre couple est transformé ! C’est dû en grande partie à ce temps si court mais fidèle ensemble devant Dieu et pour Dieu. C’est à cet abandon de nous-mêmes dans la main de Dieu que nous devons toute la simplicité que nous avons maintenant dans notre vie de couple » .
Beaucoup de couples n’arrivent pas à prier ensemble parce qu’ils adoptent des résolutions impraticables à long terme. Pour prier ensemble – et pour durer dans la prière conjugale –, il ne faut pas chercher des choses trop compliquées : quoi de plus simple que de réciter un Notre Père et un Je vous salue Marie ? Ce n’est presque rien, et ça change tout. Parce que ce « presque rien » est comme les cinq pains et les deux poissons de l’évangile : le Seigneur le multiplie à l’infini.

 

Juliette LEVIVIER, extrait de « La foi », article de Famille chrétienne, n° 1903 du 5 au 11 juillet 2014.

La foi

Commençons par le plus inexplicable : la foi. La vertu de foi est celle par laquelle « nous croyons en Dieu et en tout ce qu’il nous a dit et révélé et que la Sainte Église nous propose à croire parce qu’il est la vérité même » (CEC n° 1814).
La foi, ce n’est pas simplement croire que Dieu existe – le démon le croit encore plus fermement que nous. Mais cela consiste aussi à croire qu’il nous aime, et vouloir répondre à cet amour.
La foi, c’est la communion de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, de la grâce de Dieu qui se révèle et de la liberté de l’homme qui lui répond. La vertu de foi n’est pas une jolie déclaration d’intention, mais un acte de confiance et d’abandon de l’homme entre les mains du Seigneur ; dire « Je crois », c’est être comme un enfant sur un mur qui saute joyeusement dans les bras tendus de son papa : même pas peur !

Lorsqu’il a promulgué une Année de la foi en octobre 2011, le pape Benoît XVI nous a instamment adjuré de redécouvrir la beauté, les contenus et les exigences de notre foi et de la nourrir de la parole de Dieu . Benoît XVI nous présente ainsi la foi comme une porte : porte du Royaume et porte de l’Église, porte éternelle dont Jésus, après l’avoir définitivement ouverte, a égaré la clef.
Cette porte, chacun est libre de la franchir ou de rester sur le seuil. La foi n’est pas une obligation, elle est un choix. Choix du cœur qui se laisse modeler par la grâce, de l’intelligence qui se laisse éclairer, et de la volonté qui engage notre liberté de vie, choix personnel, libre et éclairé que personne ne fera à notre place.
[…] Le tri sélectif, très en vogue, est un déni de foi : « Je crois en Dieu, mais pas en l’Église », « Je crois en la vie éternelle, mais pas dans la résurrection du corps », cela ne tient pas debout. Il existe en effet « une unité profonde entre l’acte par lequel on croit et les contenus auxquels nous donnons notre assentiment » .
[…] On nous demande des comptes de notre foi ? Normal ! Le monde attend de nous un témoignage vibrant : il y a une cohérence de fond dans nos vies, aussi faut-il que « le témoignage de vie des croyants grandisse en crédibilité » .
[…] Chemin d’illumination et de joie, la foi est notre trésor. Seigneur, augmente en nous la foi !

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