« La famille qui vit la joie de la foi la communique spontanément ; elle est le sel de la terre et la lumière du monde ; elle est un levain pour toute la société » (Pape François).

 

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Je ne sèmerai que si je me nourris de l’Évangile !

Après avoir mis au cours de l’année passée l’Évangile au cœur de la famille, nous abordons à présent le thème Famille et évangélisation.

Il ne s’agit pas de chercher de façon exhaustive toutes les modalités pratiques d’évangélisation, ou encore d’échafauder des stratégies, mais plutôt de comprendre que l’évangélisation se trouve intrinsèquement en nous dans le mariage et la famille, soutenus par notre vie spirituelle. « La nouvelle évangélisation est inséparable de la famille chrétienne », disait saint Jean-Paul II (Familiaris consortio).

Un foyer Domvs qui se nourrit de la vie d’équipe rayonne. Il en va ainsi d’une famille nourrie par l’Évangile, qui en vit et qui le fait ainsi rayonner « naturellement ».

Les premiers évangélisateurs sont les évêques : ils ont reçu la mission de sanctifier et gouverner. Mais, par le baptême, tout fidèle catholique est associé à cette œuvre.

 

   Nous sommes tous évangélisateurs

Tout fidèle est appelé à participer au sacerdoce du Christ, au titre du sacerdoce commun, apostolique en lui-même, pour témoigner.

Dans le Catéchisme de l’Église catholique (ci-après CEC, aux articles 1546-1547), il nous est rappelé que :

[…] le Christ, grand prêtre et unique médiateur, a fait de l’Église « un Royaume de prêtres pour son Dieu et Père » (Ap 1,6). Toute la communauté des croyants est, comme telle, sacerdotale. Les fidèles exercent leur sacerdoce baptismal à travers leur participation, chacun selon sa vocation propre, à la mission du Christ, Prêtre, Prophète et Roi. C’est par les sacrements du baptême et de la confirmation que les fidèles sont consacrés pour être un sacerdoce saint.

Ainsi, par le baptême couronné par la confirmation, les fidèles baptisés ont une mission évangélisatrice. La confirmation, qui a une dimension publique, perfectionne notre lien avec l’Église : les baptisés se trouvent « enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint et obligés ainsi plus strictement à répandre et à défendre la foi par la parole et par l’action, en vrais témoins du Christ » (CEC 1285).

En tant que réalité sociale, le mariage nous dépasse ; à ce titre, il est un très bon vecteur de la Vérité. Plus notre mariage est cohérent, plus le message de la Vérité passe. Dans le CEC, à nouveau, il est rappelé que « le foyer chrétien est le lieu où les enfants reçoivent la première annonce de la foi. Voilà pourquoi la maison familiale est appelée à bon droit l’“Église domestique”, communauté de grâce et de prière, école des vertus humaines et de la charité chrétienne ».

Nourris et fortifiés par les sacrements, comment participerons-nous à l’évangélisation ?

Sommes-nous invités à prêcher « aux gentils », comme saint Paul ? Oui, mais d’abord, nous devons considérer comment la famille chrétienne constitue une communauté de foi, évangélisatrice par sa vie même.

 

L’Évangile dans la famille

Benoît XVI, à l’angélus du 19 octobre 2008, rappelle cette expression célèbre de l’Apôtre des nations : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1 Co 9, 16), et soulignait « que le premier engagement missionnaire de chacun de nous est la prière. C’est d’abord en priant que l’on prépare la route à l’Évangile ; c’est en priant que les cœurs s’ouvrent au mystère de Dieu et que les âmes se préparent à accueillir sa Parole de salut ».

Dans ce même angélus, le pape Benoît XVI nous donne pour modèles Louis et Zélie Martin : « Par leur vie de couple exemplaire, ils ont annoncé l’Évangile du Christ. Ils ont vécu ardemment leur foi et l’ont transmise dans leur famille et dans leur entourage ».

Saint Jean-Paul II, dans Familiaris Consortio, offre cette belle méditation sur la famille chrétienne :

Les époux et parents chrétiens sont appelés à accueillir la Parole du Seigneur qui leur révèle la merveilleuse nouveauté – autrement dit la « bonne nouvelle » – de leur vie conjugale et familiale, rendue par le Christ sainte et sanctifiante. En effet, c’est seulement dans la foi qu’ils peuvent découvrir et admirer dans une gratitude joyeuse la dignité à laquelle Dieu a voulu élever le mariage et la famille en en faisant le signe et le lieu de l’alliance d’amour entre Dieu et les hommes, entre Jésus-Christ et l’Église son épouse.

Pour obéir au dessein de Dieu, comme la grande Église, la petite Église domestique a besoin d’être continuellement et intensément évangélisée : d’où le devoir d’éducation permanente dans la foi.

Je ne sèmerai que si je me nourris de l’Évangile, selon les mots de saint Paul, mais l’évangélisation de notre cellule familiale passera également par la prière en famille, ainsi que par une pratique sacramentelle vécue intensément. « Une famille qui prie est une famille qui vit » (Pie XII). Où en sommes-nous de la pratique des points de la charte liés à la prière et aux sacrements ? Par le choix d’un solide catéchisme, par un éveil à la foi au sein de la famille complété par le choix d’une école authentiquement catholique, dans la mesure du possible, les parents exercent leur devoir d’éducation à la foi.

« Déjà vous êtes très attentifs aux soins que réclame ce petit corps fragile. Soyez tout aussi attentifs à la vie de son âme. Si petit qu’il soit, son âme est faite pour Dieu, et elle a déjà besoin d’être entretenue avec un grand soin. Car la véritable vocation de cet enfant, c’est de devenir, par le baptême, un enfant de Dieu » (Sur les genoux des mamans, Monique Berger).

C’est aussi par leur exemplarité vis-à-vis de leurs enfants que les parents toucheront encore mieux les âmes de ceux-ci. Exemplarité dans la vie de foi, mais aussi en vivant pleinement du sacrement de mariage. Comme le souligne le père d’Heilly dans Aimer en actes et en vérité, les époux veilleront à bien lier les deux aspects de leur amour : croître dans l’amour de Dieu et dans l’amour de son conjoint.

Comment dans nos familles sont pratiqués les rites et rituels familiaux, les fêtes religieuses, les pèlerinages qui enracinent et approfondissent cette vie de foi ?

Accordons-nous toute sa place légitime au dimanche, qu’il convient de sanctifier tout particulièrement ?

Il faut s’évertuer de vivre le temps liturgique jusque dans notre foyer, en usant selon notre génie propre de petits rituels familiaux.

 

L’évangélisation par la famille

Par ailleurs, la famille chrétienne est intrinsèquement témoin pour son prochain. Comment ? En suscitant la foi, en transmettant l’Évangile, en affermissant des certitudes, en redonnant du sens et de l’espérance autour d’elle.

L’exemple des familles éclaire silencieusement les intelligences sur le sens de la vie, la beauté du mariage. On mesure le réconfort qu’une famille avec ses enfants apporte en réjouissant les cœurs de personnes âgées, de personnes seules notamment.

La famille nourrit l’espérance en manifestant la confiance en l’avenir. Par ailleurs, elle oriente la volonté en donnant envie de s’engager à son tour, elle pousse au don de soi par désir d’imitation.

Les fruits d’une vie de famille heureusement vécue sont une intelligence éclairée (lieu de la foi) et une volonté affermie (lieu de l’espérance et de la charité). Si intelligence et volonté sont fortifiées, l’évangélisation peut vraiment rayonner.

 

Rôle social et politique de la famille

Un moyen très concret et direct d’évangéliser est l’engagement dans la cité : service de la vie, engagement bioéthique et engagement politique, par exemple.

Pour tous ceux qui marchent sur les routes de Chartres à la Pentecôte, le livret du pèlerin exhorte année après année à ne pas oublier que les fidèles se doivent d’animer chrétiennement l’ordre temporel, nous rappelant cet extrait de Christi fideles laici (n° 42) : « Les fidèles laïcs ne peuvent pas renoncer à la participation à la “politique”, à savoir à l’action multiforme, économique, sociale, législative, administrative, culturelle, qui a pour but de promouvoir, organiquement et par les institutions, le bien commun »

Ce bien commun recouvre de nombreuses réalités, ce qui nous incite à nous mobiliser dans beaucoup de domaines : défense et promotion de l’ordre public et de la paix, de la justice, du respect de la vie humaine et de l’environnement, etc.

Le rôle social de la famille est appelé à s’exprimer aussi sous forme d’intervention politique : ce sont les familles qui en premier lieu doivent faire en sorte que les lois et les institutions de l’État, non seulement s’abstiennent de blesser les droits et les devoirs de la famille, mais encore les soutiennent et les protègent positivement. Il faut à cet égard que les familles aient une conscience toujours plus vive d’être les « protagonistes » de ce qu’on appelle « la politique familiale » et qu’elles assument la responsabilité de transformer la société ; dans le cas contraire, elles seront les premières victimes des maux qu’elles se sont contentées de constater avec indifférence (Familiaris Consortio).

 

La famille chrétienne réalise un véritable ministère d’évangélisation

L’avenir de l’évangélisation dépend en grande partie de l’Église domestique, en cherchant à former les enfants à la vie pour permettre à chacun d’accomplir en plénitude son devoir selon la vocation qu’il a reçue de Dieu. « En effet, la famille ouverte aux valeurs transcendantes, au service joyeux du prochain, à l’accomplissement généreux et fidèle de ses obligations et toujours consciente de sa participation au mystère de la croix glorieuse du Christ, devient le premier et le meilleur séminaire de la vocation à une vie consacrée au Royaume de Dieu » (Familiaris Consortio).

 

Prêcher l’Évangile à toute créature

Mais l’évangélisation par la famille va au-delà des premiers cercles de chrétiens convaincus : « Animée par l’esprit missionnaire déjà au-dedans d’elle-même, l’Église domestique est appelée à être un signe lumineux de la présence du Christ et de son amour également pour “ceux qui sont loin”, pour les familles qui ne croient pas encore et même pour les familles chrétiennes qui ne vivent plus en cohérence avec la foi reçue. L’Église domestique est appelée “par son exemple et par son témoignage” à éclairer “ceux qui cherchent la vérité” ».

 

Pistes à travers les vertus cardinales et théologales

Cherchons maintenant quelques pistes du côté des vertus sur lesquelles nous avons médité récemment pendant toute une année Domvs.

Le Pape François, dans sa lettre pour la VIIIème rencontre mondiale des familles en 2015, rappelait le risque d’une vie sans vertus : « Nous sommes appelés à revoir notre style de vie qui est toujours exposé au risque d’être “contaminé” par une mentalité mondaine – individualiste, consumériste, hédoniste – et à retrouver toujours à nouveau la voie maîtresse, pour vivre et proposer la grandeur et la beauté du mariage et la joie d’être famille ».

Saint Jean-Paul II l’exprimait déjà dans Entrez dans l’espérance : « L’Église reprend chaque jour son combat contre l’esprit de ce monde. Ce n’est rien d’autre que le combat pour l’âme de ce monde. En effet si, d’un côté, l’Évangile est présent et l’évangélisation se poursuit, une puissance anti-évangélisation ne désarme jamais ».

Comment avancer dans un environnement souvent hostile ? Nous avons l’appui de quatre vertus cardinales – force, prudence, justice et tempérance :

  • la force nous aide à persévérer dans nos résolutions apostoliques ;
  • la justice nous incline à donner à chacun ce qui lui est dû : l’Évangile est un trésor à transmettre ;
  • la tempérance, vertu modératrice, favorise l’humilité. L’évangélisation nous dépasse, car c’est l’œuvre de Dieu. C’est la beauté et la grandeur de notre tâche de parents ;
  • la prudence nous conseille la pédagogie et nous invite à ne pas précipiter les choses. Choisir les mots. Ne pas chercher à imposer ses propres opinions. Servir uniquement le vrai.

Nous avons bien sûr le secours des trois vertus théologales :

  • la foi : nourrie par l’Évangile (la révélation) ;
  • l’espérance: vertu qui nous fait désirer le ciel, nous assure la confiance. La famille est le gage de la confiance en Dieu, un acte d’espérance et d’évangélisation en s’engageant, en ayant des enfants. L’espérance évangélise !
  • la charité, c’est l’amour de Dieu et du prochain : « Voyez comme ils s’aiment » (Tertullien). L’amour est diffusif de soi (saint Thomas d’Aquin) : ceux qui en bénéficient sont évangélisés.

Que nos petites « Églises domestiques » soient toujours plus, par la pratique des vertus, des lieux où l’on vit intensément de foi, d’espérance et de charité !

Bonne réflexion à tous grâce à ce thème nous invitant à approfondir le 3ème pilier de Domvs Christiani : l’esprit missionnaire et le rayonnement.

Belle et sainte année Domvs !

 

 

L’Évangile au coeur de Domvs Christiani

 

  • L’année 2016-2017 a été pour Domvs « l’année saint Luc » : chaque foyer s’est efforcé de parcourir en lecture cursive l’ensemble de cet Évangile.
  • L’année 2017-2018 sera « l’année saint Marc » selon les mêmes modalités. La newsletter nous y aidera.

Sainte lecture évangélique !

La Coordination Générale

 

 

 

Pour aller plus loin

  1. Quelques idées de topo
  2. Éléments de bibliographie
  3. Introduction à la Lectio Divina
Crédits photos : Jean-Louis Zimmerman.
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